Actualités 2016

Commémoration - 72ème anniversaire du martyre des pères et frères Oblats, morts pour la France

 
Commémoration - 72ème anniversaire du martyre des pères et frères Oblats, morts pour la France

Dimanche 24 juillet 2016

 

Jean-Luc MARX, préfet de Seine-et-Marne, a présidé la cérémonie de commémoration du 72ème anniversaire du martyre des pères et frères Oblats de Marie Immaculée, morts pour la France, à La Brosse-Montceaux
Des saints hommes de Paix et de Foi tous missionnaires Oblats de Marie Immaculée furent martyrisés, puis abattus par des nazis.

A l'issue du dépôt de gerbes, Jean-Luc Marx, préfet de Seine-et-Marne, a effectué son allocution qui a été suivie du chant des Partisans, d'un appel aux Morts.

Cette cérémonie s'est terminée par une minute de recueillement, suivi de l'hymne national.


Discours de Monsieur Jean-Luc MARX, Préfet de Seine-et-Marne

"Seul le prononcé fait fois"

Aujourd’hui nous rendons hommage, et par ma présence la République rend hommage à des héros de l’ombre.

 

Ici, en ce lieu de quiétude ombragée, il y a 72 ans des religieux, des saints  hommes de Paix tous missionnaires Oblats furent martyrisés, puis abattus par des nazis.

 

Ici, les assassins avaient à leur tête le SS Wilhelm KORF, bourreau de la Seine-et-Marne. Ce professeur de l'Université de MAGDEBOURG, a plus de 40 assassinats à son actif dans le département, en plus de la déportation d’enfants juifs.

 

Mais pourquoi donc des religieux ont-ils pris une part active dans cette résistance à l’envahisseur ?

Ils ne rêvaient ni de défilés victorieux, ni de décorations prestigieuses.

Ils ont, au péril de leur vie, choisi d’être le maillon discret d’une chaîne, celle qui maintiendrait la dignité de l’homme dans le déchainement du racisme et des violences du nazisme.

 

Avec eux, nous évoquons tous ceux qui, fusillés ou torturés dans les camps, sont morts pour que l’espérance, la liberté et la dignité aient à nouveau droit de cité en France.


Venons-en aux faits.

Nous sommes au début de l’été 1944, les alliés ont débarqué le 6 juin en Normandie et la bataille fait rage dans le bocage normand.

Les réseaux de Résistance et les maquis s’activent sur les arrières de l’Armée allemande, à perturber les communications, le ravitaillement, l’envoi des renforts.

Les Oblats ont été contactés discrètement par des responsables locaux de la Résistance en vue d’une part, de préparer un hôpital de campagne, et d’autre part de recevoir et cacher des armes et des munitions parachutées.

 

Début juillet, un message personnel passe sur les ondes de la radio de Londres, « Les lettres anonymes sont d’une grande bassesse ! »,  ces simples mots annoncent l’arrivée de plusieurs tonnes d’armes.

 

Dans la nuit du 3 Juillet, puis celle du 18 Juillet, des conteneurs tombent du ciel sur des terrains de la ferme de la Bondue. Ils sont réceptionnés par des équipes de résistants parmi lesquels sept Pères Oblats. Armes et munitions sont cachés dans le caveau de l’ordre au cimetière de la Brosse avant de partir vers Paris pour alimenter le réseau « Honneur et Patrie » ou la « Confrérie Notre Dame » du commandant Yves Massiée (Norbert) et du capitaine Desbois.

 

Une autre partie de la livraison prend le chemin du Maquis de Courlon commandé par le capitaine Henri Ballot.

Les voilures de parachutes, les conteneurs capitonnés sont cachés, entassés dans un puits désaffecté…

 

Le 24 Juillet 1944, au petit jour, le château de la Brosse-Montceaux est cerné par plusieurs sections de la Wehrmacht arrivées en camion ainsi que par la Gestapo de Melun, sous les ordres du SS Korf.

Ce dernier ordonne aux Pères et aux Frères de se rassembler sur la pelouse sur le côté du château.

 

Korf, conciliant au départ, s’impatiente. Cinq religieux, les Pères Gilbert, Piat et les Frères Cuny, Perrier et Nio,  considérés comme suspects, sont appelés, menés au château, soumis à un interrogatoire brutal et torturés dans le ciroir. Pendant ce temps, la troupe fouille tous les bâtiments.

Dans un puits situé à une centaine de mètres en contrebas, les Allemands, munis d’une échelle, découvrent parachutes et conteneurs  …

C’est alors que Korf, après des heures de tortures à la baignoire ou au nerf de bœuf pour obtenir les aveux va exécuter, l’un après l’autre, les cinq oblats, lesquels étaient restés silencieux sous les coups…

 

Il abat froidement le Père Gilbert en premier, puis le Frère Cuny. Suivront le Frère Périer, le Père Piat qui a été le plus maltraité des cinq et enfin le Frère Joachim Nio, le plus innocent de tous, devenu sourd et presque aveugle par les coups reçus.

L’horrible scène se déroule devant le groupe des Pères et des Frères en prière, s’attendant eux aussi à être massacrés.

 

Une voiture survient, transportant plusieurs officiers allemands, dont un colonel qui ne paraît pas apprécier le comportement de KORF.

La tuerie va s’arrêter là … les cinq corps sont jetés dans le puits.

 

Dans l’après-midi, les survivants montent dans des camions, direction FONTAINEBLEAU et la caserne Damesne où ils resteront trois jours avant d’être transférés à Compiègne puis embarqués vers l’Allemagne le 25 Août. Mais le train qui les transportait ne put dépasser Péronne. Installés dans un camp de fortune, ils purent assister, le 31 Août, à la débâcle des Allemands.

 

Le 1er septembre, les cloches sonnaient la libération. L’un après l’autre, les Oblats revinrent à leur scolasticat de La Brosse-Montceaux qu’ils retrouvèrent dévasté de fond en comble.


Ce moment de notre histoire rappelle s’il en est besoin que notre devoir impérieux est d’être de fervents passeurs de mémoire afin que l’exemplarité de ces 5 frères Oblats demeure une référence pour les générations actuelles et futures.

 

Hommes de Dieu ils s'acquittèrent jusqu’au sacrifice suprême de tous leurs devoirs de citoyens, de citoyens français, attachés aux valeurs républicaines et tout particulièrement à la fraternité.

 

Et çà n’est pas faire affront aux principes de la Laïcité

que de rendre hommage à ces hommes vertueux,

que de reconnaitre la force de leur foi.

 

Rendons donc hommage aux cinq Oblats de La Brosse Montceaux, dont la force d’âme imprègne cette clairière, lieu de leur martyr.

Profitons-en pour rendre hommage aux 160 religieux de France exécutés ou morts en déportation, aux 481 prêtres incarcérés, aux 494 prêtres déportés. Et n’oublions pas non plus tous ceux qui firent tant sans vouloir se faire reconnaître.

 

Pendant les heures les plus sombres de notre histoire, ils furent du petit nombre de  ceux qui se sont levés avec courage pour dire NON.

 

A leur sacrifice la République est reconnaissante.

Vive la France.

 


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